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IA et numérique : ce qui s'est dit au 2e Forum francophone de la gouvernance du numérique et de l'IA

Notre partenaire l'OIF a réuni la Francophonie à Genève le 3 juillet 2026. 8 heures de débats, 3 grands thèmes — et un message clair pour les talents africains. On te résume tout.

Par SAYNA · · 6 min de lecture

Chez SAYNA, on suit de près ce que fait l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). C’est un partenaire avec lequel nous avons déjà collaboré à Madagascar dans le cadre du programme D-CLIC, qui forme les jeunes aux métiers du numérique dans l’espace francophone. Alors quand l’OIF organise le 2e Forum francophone de la gouvernance du numérique et de l’intelligence artificielle, on écoute — et on te raconte.

Le rendez-vous s’est tenu le 3 juillet 2026 au Graduate Institute de Genève, avec plus de 900 inscrits, soit trois fois plus que la première édition de 2025. Le timing n’avait rien d’anodin : le forum se déroulait trois jours avant le tout premier Dialogue mondial de l’ONU sur la gouvernance de l’IA, le sommet AI for Good et le forum SMSI+20, tous à Genève. L’objectif affiché : faire entendre une voix francophone coordonnée dans des débats internationaux largement dominés par l’anglais.

Au micro : la Secrétaire générale de l’UIT Doreen Bogdan-Martin, l’Envoyé de l’ONU pour les technologies Amandeep Singh Gill, le Directeur général de Smart Africa Lacina Koné, l’ambassadeur Henri Verdier, des représentants de l’ICANN, de l’UNESCO, de l’Afnic, d’Oracle, du Québec, du Sénégal, du Congo… Huit heures de débats, trois grands thèmes. On te résume.

1. Un constat qui fait réfléchir : l’IA est très concentrée

Le chiffre a été posé dès l’ouverture : 75 % de la puissance mondiale de calcul dédiée à l’IA se trouve aux États-Unis, 15 % en Chine. Le reste du monde se partage ce qui reste. Et côté données, seulement 2 % des données africaines sont hébergées sur le continent africain, contre environ 80 % des données européennes hébergées en Europe.

Autre déséquilibre pointé par Henri Verdier : environ 92 % des données d’entraînement des grands modèles d’IA sont en anglais. Conséquence : ces modèles ne portent qu’une fraction de l’expérience humaine — avec leurs biais culturels et linguistiques.

Amandeep Singh Gill a résumé l’enjeu d’une phrase forte : « Le risque n’est pas seulement technique, il est civilisationnel : celui d’une intelligence qui prendrait une humanité pour toute l’humanité. » Et il a lancé un défi à la Francophonie : devenir un « laboratoire vivant » de l’IA multilingue — corpus ouverts, données partagées, et surtout des talents formés sur les cinq continents.

2. L’Afrique n’est pas en retard — elle est le nouveau centre

C’est probablement l’intervention qui nous a le plus parlé : celle de Lacina Koné, Directeur général de Smart Africa. Quelques-unes de ses phrases méritent d’être citées telles quelles :

« L’Afrique n’est pas en retard, elle n’est pas en course contre quelqu’un. »

« Il n’y a pas de “Global South” : l’Afrique, c’est le nouveau centre. »

« La gouvernance de l’IA ne commence pas avec l’algorithme ; elle commence avec les infrastructures, les données, les compétences et la confiance. »

Son argument : l’Afrique a gagné un milliard d’habitants entre 1980 et 2025, dispose de 3 000 heures de soleil par an pour alimenter les infrastructures de calcul, et développe des solutions d’IA pour des problèmes réels — agriculture, santé, inclusion financière. Smart Africa travaille d’ailleurs sur un « Compute Act » pour harmoniser les centres de calcul entre pays africains.

Signal concret pendant le forum : la signature sur scène d’un mémorandum d’entente entre l’Afnic (le registre français du .fr) et Smart Africa, pour mettre en réseau une vingtaine de registres nationaux africains et organiser un transfert de compétences Sud-Sud sur les infrastructures internet. La souveraineté numérique passe aussi par ces briques invisibles.

3. La formation, fil rouge de toute la journée

Si un mot est revenu dans tous les panels, c’est bien celui de compétences. Trois moments à retenir.

« La littératie IA doit devenir aussi importante que l’alphabétisation. » La formule est d’Henri Verdier, qui ajoute : « On ne veut pas fabriquer une humanité de consommateurs passifs. » Savoir utiliser l’IA de façon critique devient une compétence de base, au même titre que lire et écrire.

L’IA bien encadrée fait progresser les apprenants. Un fondateur d’edtech a partagé les résultats d’une expérimentation menée avec une grande école : un programme d’apprentissage assisté par IA, encadré par un enseignant, a produit +25 % de réussite aux évaluations. Mais le même panel a alerté sur l’envers du décor : des élèves qui délèguent tout à la machine et perdent le goût de l’effort. Le message des intervenants : dès qu’on donne la réponse toute faite, plus aucune connaissance ne se construit. C’est l’accompagnement humain qui fait la différence.

Le renforcement des capacités devient une priorité mondiale. Un réseau international de centres de renforcement des capacités en IA, soutenu par l’ONU, a été annoncé pendant le forum. Chaque pays doit pouvoir former ses propres talents et produire ses propres modèles, plutôt que de consommer passivement ceux des autres.

Et pour les langues peu présentes en ligne — le wolof a été cité en exemple, mais le constat vaut pour le malagasy — les chercheurs présents ont rappelé une vérité simple : « Le problème n’est pas la langue, c’est toute la culture derrière la langue — ça, on ne peut pas le traduire. » Sans production locale de contenus et de savoirs, pas d’IA qui nous ressemble.

Ce que ça veut dire pour toi, communauté SAYNA

Ce forum confirme trois convictions qui guident notre travail au quotidien :

  1. Te former au numérique et à l’IA n’est plus une option. Quand la littératie IA est comparée à l’alphabétisation par un ambassadeur, et que l’ONU lance des centres de renforcement des capacités, le message est clair : les compétences numériques sont le ticket d’entrée de la décennie.

  2. Les talents africains ont une carte à jouer maintenant. L’Afrique n’est pas spectatrice de la révolution IA : elle en devient un acteur, avec ses infrastructures, ses cas d’usage et ses talents. Chaque apprenant qui se forme aujourd’hui à Madagascar participe à ce mouvement.

  3. L’humain reste au centre. L’IA fait progresser ceux qui apprennent avec elle, encadrés et accompagnés — pas ceux qui lui délèguent leur cerveau. C’est exactement la philosophie de nos parcours : apprendre en faisant, avec de vrais projets et de vrais accompagnateurs.

La Francophonie veut peser dans la gouvernance mondiale de l’IA. Elle ne le fera pas sans une génération de talents formés « sur les cinq continents » — et ça, c’est précisément notre mission.


Le replay complet du forum (8 heures de débats) est disponible sur la chaîne YouTube de l’OIF.

Envie de prendre le train de l’IA plutôt que de le regarder passer ? Découvre nos parcours de formation sur app.sayna.io.